Jean-Norton CRU et la Grande Guerre

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La « Vérité due aux poilus » contre les Prix Goncourt.  Par Jacques VERNIER, préface de Philippe JOUTARD

Thèmes : Grande Guerre, Historiographie, Pacifisme, Patriotisme, Courage, Goncourt

Un ardéchois, Jean Norton Cru, relit la Grande Guerre, et c’est un pavé qui brise le silence sur la vérité de cette guerre.

A la  fin  du mois d’Août 1929 paraît un gros livre de 735 pages, écrites en petits caractères avec d’abondantes notes : Témoins, essai d’analyse et de critique des souvenirs de combattants édités en français de 1915 à 1928. Le livre, publié à compte d’auteur et d’un prix élevé, est écrit par un Français enseignant aux Etats Unis, inconnu dans les cercles littéraires et historiques.

Ancien poilu, choqué par la « fausse beauté du carnage », Jean Norton CRU, austère et méthodique, vient démolir le beau consensus patriotique  en critiquant violemment les auteurs de récits de guerre à succès du moment.

Pendant plusieurs mois, et jusqu’au début de l’année 1931, une polémique s’engage autour de Témoins : pavé dans la mare du patriotisme littéraire et politique, il dérange l’union sacrée autour du souvenir de la guerre et présente une vision des combats et des combattants bien plus  banale dans l’horreur que les romans à grand tirage.

Traitre ou imposteur pour certains, rénovateur de l’historiographie moderne pour d’autres, Jean Norton CRU ose, au nom de la « Vérité » due aux combattants, remettre en cause les mythes du patriotisme et du courage alimentés par les « marchands de gloire ». Violemment critiqué par les auteurs qu’il mettait en cause (même si certains reconnaissent alors leurs « exagérations ») il ouvre un large débat sur la qualité des témoignages de guerre et plus large encore sur la manipulation de ces témoignages à des buts mercantiles ou politiques.

Jacques Vernier, pasteur ami de la famille CRU,  nous fait découvrir cette personnalité attachante et irritante. Il le suit depuis sa petite enfance polynésienne et ardéchoise jusqu’à sa vie aux Etats Unis et ses séjours familiaux dans la Drôme. Il analyse les influences culturelles et religieuses de cet indigné rescapé de Verdun qui fit tant pour réhabiliter les témoignages des poilus et montre comment, après 50 ans d’oubli, Norton CRU ressurgit au tournant du 21ème siècle dans les débats autour de l’historiographie de la Grande Guerre.

Préface de Philippe Joutard, agrégé d’histoire et spécialiste du protestantisme. Dans sa préface, Philippe Joutard,  indique : A lire Jacques Vernier, on comprend mieux pourquoi ce professeur de français dans un établissement d’enseignement supérieur américain, qui ne se prétendait pas historien, a été pionnier dans l’historiographie de la Grande Guerre,  et  ceci par sa marginalité même.

ISBN : 978-2-35618-078-0
220 pages

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